7.7.08

Caldeira de Yellowstone : Risques

L'activité de la caldeira se manifeste par différents phénomènes. Des phénomènes de géothermie (geysers, sources d'eau chaude, boues chaudes, fumerolles), des séismes plus nombreux que la normale (même s'ils sont généralement suffisamment faibles pour n'être ressentis que par les sismographes), un flux de chaleur plus important que la normale et des déformations du sol. Ces dernières déformations se manifestent de manière spectaculaire. Des lacs situés dans le parc de Yellowstone se sont modifiés dans le sens où l'inclinaison du sol change et modifie les rivages (du côté où le sol se gonfle, les rivages actuels sont exondés et à l'opposé ils sont recouverts). D'une manière plus générale, des observations ont montré de surcroît que la hauteur du centre de la caldeira s'était élevée d'environ 100 centimètres sur une période de 60 ans (entre 1923 et 1985). D'après les spécialistes, cet ensemble de phénomènes est lié à la présence d'une chambre magmatique active au dessous de la caldeira. Après investigation, il a été déduit que le corps magmatique située à dix kilomètres seulement sous la surface était le plus grand connu à ce jour. Ce corps magmatique contient à la fois du magma, mais aussi des gaz constituant un ensemble de matière sous pression tendant à soulever la surface du sol se trouvant au dessus. Le magma est généralement à une température d'environ 1 500°C, et les roches en dessous de la caldeira sont à 350°C à environ cinq kilomètres sous la surface, ce qui fait que les roches acquièrent une certaine plasticité. Ce qui est considéré comme probable par les spécialistes de l'étude de cette caldeira, c'est que le plafond du corps magmatique ne supportera pas indéfiniment un surcroît de pression d'un magma séparé de la surface par une croûte aussi fine et rendue «souple» par la chaleur qu'elle a acquise. Classiquement en géologie et en volcanologie, on peut prévoir la survenue d'un événement brutal à long terme.

Caldeira de Yellowstone : Géologie

On peut dire qu'une caldeira active est en quelque sorte un énorme volcan, mais il n'en possède pas les attributs traditionnellement prêtés à ce type de point chaud. Ainsi, les caldeiras sont généralement relativement plates, souvent bordées par des formations montagneuses de faible amplitude. Il en existe un certain nombre dans le monde.

Répartition des cendres de Yellowstone sur les États-Unis: Tuff de Huckleberry Ridge, de Mesa Falls, et de Lava Creek

L'histoire géologique du Yellowstone a pu être déterminée :

De -3 milliards à -600 millions d'années; Formation des roches les plus anciennes d'Amérique du nord ;

De -600 millions à -75 millions d'années; une mer inonde périodiquement la région ;

De -75 millions à -55 millions d'années; formation des Montagnes Rocheuses ;

De -55 millions à -40 millions d'années; période d'intense activité volcanique, recouvrant notamment la région de lave ;

De -40 millions à -2 millions d'années; plusieurs changements de climat successifs assèchent et réchauffent la région ;

De -2 millions à -600 000 ans; des éruptions volcaniques modèlent le paysage. Les géologues distinguent trois cycles d'activité : Tuff de Huckleberry Ridge, -2,1 millions d'années, 2450 km3 de matériaux volcaniques émis, caldeira de 75-95 x 40-60 kilomètres ; Tuff de Mesa Falls, -1,3 millions d'années, 280 km3 de matériaux volcaniques émis caldeira de seize kilomètres de diamètre ; Tuff de Lava Creek, -640 000 ans, 1 000 km3 de matériaux volcaniques émis, caldeira de 85 x 45 kilomètres ;

De -640 000 ans à nos jours; plusieurs glaciations se succèdent jusqu'à – 8500 ans, remodelant la surface.

Aujourd'hui, la particularité géologique de Yellowstone est la minceur de la croûte terrestre qui se trouve sous la surface du sol. En effet, alors que celle-ci est en moyenne de trente kilomètres, ici le magma ce trouve à une profondeur comprise entre huit et dix kilomètres. On a déterminé que cette caldeira que l'on croyait totalement éteinte avait été le théâtre de plusieurs éruptions suivant une périodicité tournant autour de 700 000 ans. Deux éruptions explosives se sont produites il y a 1,3 million et 2,1 million d'années. Si on considère que les trois dernières activités brutales de ce « super volcan » constituent un phénomène récurrent espacé par des temps relativement équivalents, on peut supposer qu'une reprise d'activité est à prévoir à long terme.